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Conférence
Téléphonique NBA:
Tony Parker, San Antonio Spurs
Q : Comment expliquez-vous votre acclimatation
aussi rapide ?
Parker : Je pense que l’équipe
était faite pour que je m’intègre rapidement.
Ils n’avaient pas de meneur. Mes coéquipiers
m’ont très bien accueilli et ont été
très gentils avec moi. Cela a facilité mon intégration.
De plus le coach Popovich croit vraiment en moi donc il n’a
pas voulu attendre plus longtemps avant de me donner ma chance.
Q
: Avez-vous senti certains joueurs ou fans réticents
à l’idée de vous voir devenir le meneur
des Spurs ?
Parker
: Non, quand je suis arrivé, ils étaient
tous assez excités car les journaux avaient dit de
bonnes choses sur mon jeu lors de la Summer League. Donc ils
voulaient savoir qui était Tony Parker. Ensuite j’ai
fait de bons matchs en présaison et tout le monde était
content.
Q
: Comment gérez-vous cette nouvelle pression ?
Parker
: Je suis heureux que le coach m ‘ait donné
la chance d’être dans le cinq majeur. Je ne sens
pas trop de pression. En plus je joue mieux avec elle.
Q
: Qu’avez-vous appris depuis le début de
la saison ?
Parker
: Plein de choses. Tout d’abord le jeu américain.
En NBA il y a plein de systèmes que je ne connaissais
pas. On a un classeur comprenant quarante tactiques. En tant
que meneur de jeu d’une équipe avec des stars
comme Tim Duncan, David Robinson et Steve Smith, mon devoir
est de les satisfaire. Je ne me rendais pas compte qu’il
fallait vraiment gérer l’équipe. Maintenant
je comprends mieux le basket américain qu’on
a tendance à limiter à des contre-attaques alors
qu’il y a beaucoup de systèmes de jeu.
Q
: N’êtes-vous pas impressionné de jouer
avec des stars comme Tim Duncan et David Robinson
Parker
: Non, car je suis le meneur de jeu. Mon rôle est
de les diriger, de mettre en place les systèmes annoncés
et les engueuler s’ils ne les respectent pas. Il ne
faut pas être impressionné si on veut se faire
respecter.
Q
: Avez-vous l’impression d’avoir gagné
ce respect très rapidement ?
Parker
: Ca va continuer match après match. Je pense que
je l’ai gagné un peu car le meneur de jeu est
celui qui montre l’exemple en attaque et en défense.
Ils commencent à avoir de plus en plus confiance en
moi.
Q
: Vous fixez-vous des limites ?
Parker
: J’ai encore plein de choses à apprendre
et à prouver car il nous reste beaucoup de matchs.
Je n’ai pas connu les Playoffs par exemple. Je vais
continuer à jouer et à apprendre.
Q
: Pouvez-vous nous parler de l’ambiance à
San Antonio et comment les gens ont réagi à
vos premières apparitions ?
Parker
: Les Spurs sont d’une certaine façon la
seule grande équipe sportive à San Antonio.
Maintenant partout où je vais, tout le monde me reconnaît.
Que j’aille au restaurant ou à River Walk ou
dans les magasins, ils m’arrêtent pour avoir des
signatures. A San Antonio, c’est grand les Spurs.
Q
: Vous qui avez suivi une formation 100% française
(INSEP, Pro A), pensez-vous que votre adaptation aussi rapide
à la NBA est due au fait que la formation française
est plus forte que la formation américaine ou êtes-vous
simplement une exception ?
Parker
: Je ne sais pas, peut-être un peu des deux. Mais
j’ai eu beaucoup de chance de tomber aux Spurs et d’être
entouré de super coéquipiers qui ont facilité
mon intégration. J’ai un coach qui croit beaucoup
en moi et qui m’a donné ma chance tout de suite.
C’est le coach qui fait tout. Par exemple, lors de ma
première année au PSG, je ne jouais pas et ce
n’était pas dû à mon niveau. J’aurais
pu tomber comme Jérôme Moïso sur un coach
comme Pitino qui ne te donne pas ta chance. Mais maintenant
je joue et je montre que j’ai ma place. L’adaptation
dépend de beaucoup de choses.
Q
: Comment vos coéquipiers et en particulier Antonio
Daniels réagissent-ils à votre titularisation
?
Parker
: Antonio Daniels avait dit au coach qu’il préférait
jouer deuxième arrière. Maintenant qu’il
est passé à ce poste il joue beaucoup mieux.
Ce n’était pas vraiment un meneur.
Q
: Comment vous sentez-vous physiquement ?
Parker
: Pour l’instant ça va à part quelques
problèmes à l’adducteur qui me font manquer
des entraînements.
Q
: Avez-vous besoin de vous développer sur le plan
physique ?
Parker
: Je fais beaucoup de musculation depuis le début
de la saison. Je pense que cela va beaucoup me servir, surtout
en défense et quand je pénètre en attaque
où beaucoup de fautes sont commises.
Q
: Le match contre Charlotte restera-t-il gravé
dans votre mémoire ?
Parker
: Non c’est plutôt celui contre Orlando où
j’ai fait ma première apparition dans le cinq
de départ.
Q
: Quel a été le discours de Popovich quand
vous êtes arrivé aux Spurs ?
Parker
: Rien de spécial sinon que tout ira bien si je
reste tel que je suis.
Q
: Vous attendiez-vous à un tel début de
saison et à une telle intégration ?
Parker
: J’ai toujours eu en tête d’être
dans le cinq majeur vers la deuxième partie de la saison,
après le All-Star Weekend. Mais je ne pensais pas que
cela viendrait aussi vite.
Q
: Qu’éprouvez-vous sur le terrain face à
des stars NBA comme Gary Payton par exemple ?
Parker
: Je suis content d’être ici et j’ai
envie de travailler pour arriver à leur niveau.
Q
: Pensez-vous que le basket européen s’impose
en NBA ?
Parker
: On avait vu après les Jeux Olympiques de Sydney
que le basket européen se rapprochait. Il faut aussi
tomber dans les bonnes équipes et avoir la confiance
de son coach. Pau Gasol et moi avons eu la chance de recevoir
la confiance de l’équipe et d’être
ainsi mis dans le cinq majeur.
Q
: Pensez-vous déjà à votre rencontre
avec Michael Jordan qui a été votre idole ?
Parker
: Il y a au moins trente matchs avant cette rencontre.
Donc pour le moment je pense plus à notre prochain
match contre Cleveland. J’y penserai quand on jouera
contre eux mais ce sera un match spécial pour moi.
Q
: Vos stats en NBA sont assez identiques à celles
de l’année dernière. C’est assez
incroyable, non ?
Parker
: Je suis content même si je ne pense pas trop aux
stats en ce moment. Je veux prouver que j’ai ma place
et gagner la confiance de mes coéquipiers. Depuis que
je suis dans le cinq majeur nous n’avons pas perdu donc
j’espère que ça va continuer.
Q
: Le rythme est complètement différent par
rapport à l’Europe. Pensez-vous que cela va être
difficile vers le mois de mars ?
Parker
: Je vais peut-être connaître un coup de fatigue
mais pour le moment je me sens bien. Je vis au jour le jour.
On verra bien.
Q
: Qui te guide en particulier dans ton équipe ?
Parker
: Steve Smith et Terry Porter. Ils m’apprennent
à comprendre le jeu américain et à gérer
une équipe, ce dont je ne m’en rendais pas compte
au début. Porter a été très étonné
de voir comment j’arrivais à gérer l’équipe
et que je possédais des talents naturels de leadership.
Il m’a appris les ficelles et surtout comment parler
aux joueurs et connaître tous les systèmes de
jeu.
Avant
chaque match je regarde une vidéo du joueur que je
vais rencontrer. C’est un autre monde la NBA. Des personnes
sont chargées de t’avoir toutes les vidéos
dont tu pourrais avoir besoin. Ils peuvent faire une cassette
avec toutes mes erreurs aussi…
Q
: La France ne te manque pas trop ?
Parker
: Pas pour l’instant. Je suis dans un rythme infernal
donc je n’ai pas le temps d’y penser.
Q
: As-tu des nouvelles de la France et de l’impact
qu’a ton début de saison ?
Parker
: Les gens que j’appelle me raconte un peu ça,
comme Boris Diaw qui m’appelle tous les deux jours.
Q
: Quelle a été le plus gros changement entre
Paris et la NBA ?
Parker
: Ici c’est un autre monde. Les Spurs sont très
importants donc le public te reconnaît partout. On a
tout… La salle est trop grande, on a un jacuzzi et un
sauna. Par exemple on s’occupe de laver nos affaires
et de porter nos sacs. Tout ce qu’on a à faire,
c’est jouer au basket. C’est un autre monde.
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